chronique #08 : the end of the f***ing world

by - janvier 16, 2018

« We’re having trouble expressing ourselves. »



Réalistateur : Charlie Covell.   
Distributeur : Netlfix. 
Nombre de saisons & épisodes : 1 saison 8 épisodes. 
Genre : Comédie, Drame. 
Date de sortie : 24 octobre 2017
Résumé : James, 17 ans, est persuadé d'être un psychopathe. Alyssa, 17 ans également, vient d'arriver en ville et noue très rapidement une amitié forte avec James. Très sociable et communicative, elle va embarquer James à la recherche de son père qui a quitté le domicile conjugal lorsqu'elle était jeune.

La première chose étonnante avec The End of the Fucking World, c'est son format. Huit épisodes d'environ 20 minutes, sans générique d'ouverture. En d'autres termes, l'oeuvre ne semble pas pensée comme une série : elle suit une ligne narrative qui pourrait être celle d'un film, dont chaque épisode serait une partie. S'il n'y avait pas les mini-cliffhangers à la fin de chaque épisode, qui sont davantage le fruit de jeux de montage que des éléments pensés en amont du tournage, TEOTFW pourrait très bien être un film de 2h40. 8 épisodes de 20 minutes, un format court, efficace, qui ne vous laissera pas le temps de vous ennuyer. C'est également pratique, car le format 20 minutes permet, même si l'on dispose de peu de temps, d'en profiter. On ne voit pas le temps passer pendant ces 2 heures et 40 minutes aux côtés de James et Alyssa. 

Jessica Barden (Alyssa) et Alex Lawther (James) sont excellent, dans deux styles différents. J.Barden offre une un jeu d'acteur exubérant, tandis que A.Lawther excelle en psychopathe auto-proclamé. Il est très fort, car son évolution au cours de la série et son ouverture à la fragilité et aux émotions transparaît réellement à travers son jeu. Il commence la série sans émotion, taciturne, et finit en nous donnant des sourires régulièrement. On s'attache aux personnages, à leur fragilité. On comprend bien qu'ils sont le résultat de leur environnement familial. Les flashbacks nous rappellent sans cesse que leur troubles psychologiques remontent à leur enfance. Ensemble, ils deviennent Bonnie & Clyde et on les suit avec plaisir. Ils quittent tout ce qu’ils connaissent et partent à l’aventure sur les routes. Le long de celles-ci, leurs méfaits s’enchaîneront, les entraînant dans une descente inévitable aux enfers.

Cette fuite est nécessaire, et finalement, elle est un peu la métaphore du passage de l'adolescence à l'âge adulte. Les personnages grandissent et deviennent plus matures pendant leur voyage. On peut le voir grâce aux voix-off qui expriment les états d'âmes des personnages et installent un véritable dialogue entre eux. L'intime et l'extériorisation se rencontrent. 

La BO est mémorable. Je ne crois pas qu'elle ai été composé pour le film, mais chaque musique accompagne les scènes de tension, de voyage, de bonheur parfaitement. Oui. Je sais, à m'entendre, on tient la série de l'année. Et pourquoi pas ? Attention cependant. Elle est déconseillée au moins de 16 ans, et c'est pour une fois justifié. Bien évidemment, la classification est à adapter aux sensibilité de chacun. Certaines personnes pourront la voir à 14 ans, et d'autres ne pourront pas la supporter à 25. Le gore est omniprésent, et le sexe n'est pas tabou. 

Il y a une chose que j'ai adoré et qui ne fait pas toujours l'unanimité. La fin. Elle est belle, poétique et je crois que je n'ai même pas envie d'une deuxième saison, parce que même si elle est brutale, elle est aussi authentique. Cette série est tirée d'un roman graphique, et je crois que j'aimerai beaucoup le lire pour avoir la version de l'auteur. 

En bref, The End of The F***ing World est une mini-série au bingewatching obligatoire, filmée dans la veine des grands films indépendants. Un road movie américain, à l’humour british et à la poésie universelle. Une courte aventure totalement captivante, drôle et émouvante qui nous enferme avec elle dans un microcosme unique et qui fait de cette série une véritable pépite. 

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2 commentaires

  1. Mon chéri me l'a faite regardé la semaine dernière, en une soirée c'était fini puisque comme tu l'as dis les épisodes sont très courts ! Série complètement barrée qui m'a fait un peu penser à certains films que j'avais pu voir à la quinzaine des réalisateurs à Cannes 😉

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